A LITTLE NIGHT MUSIC de STEPHEN SONDHEIM avec Angela LANSBURY et Catherine ZETA-JONES au WALTER KERR THEATRE (NEW YORK) le 25 février 2010

On redécouvre Stephen Sondheim, à New York comme à Paris où e Châtelet vient  de proposer une production de « A Little Night Music » (créée en 1973), et l’un des événements de la saison de Broadway est cette reprise de l’une de ses comédies musicales les plus célèbres, La petite musique de nuit, avec deux monstres sacrés de la scène et de l’écran, Catherine Zeta-Jones et Angela Lansbury. On ne présente plus Catherine Zeta-Jones,qui a connu la reconnaissance internationale dans « Le masque de Zorro » avec Antonio Banderas et Anthony Hopkins et vous connaissez Angela Lansbury si vous avez vu des épisodes de la série policière anglaise “Arabesque”où elle s’amuse à résoudre toutes les énigmes. Elle a même interprété Miss Marple. Née en 1925, interprète fétiche de Stephen Sondheim elle interprète le rôle de Madame Armfeldt, vieille actrice mère de Désirée Armfeldt, jouée par Catherine Zeta-Jones. Stephen Sondheim auteur d’un succès planétaire,  « Send in the clowns » justement dans « A Little Night Music » est considéré comme un « intellectuel » de la Comédie Musicale, on lui doit aussi les textes des airs de « West Side Story », et c’est un des compositeurs les plus raffinés de la scène newyorkaise. La production d’aujourd’hui fait le choix de l’intimisme, ce qui est cohérent avec cette histoire de couples mal assortis où chacun à la fin retrouve le juste compagnon. On serait presque au seuil d’une comédie amère à la Goldoni (on pense à la Trilogia della villegiatura), avec des personnages très typés, comme Madame Armfeldt, vieille actrice désabusée qui regarde le monde et l’enseigne à sa petite fille en lui enlevant ses illusions. C’est Angela Lansbury, qui impose sa forte personnalité au centre de la pièce, épatante de justesse, et d’ironie, avec une économie de moyens étonnants (elle joue en chaise roulante et toute sa force réside dans sa manière de dire le texte, dans l’inflexion vocale, dans la subtilité : grande démonstration de maîtrise du jeu théâtral. Catherine Zeta-Jones n’est pas en reste, si le rôle est celui d’une femme déjà mûre, cela n’apparaît pas en scène tant sa beauté est fulgurante, beauté physique, mais aussi beauté du chant, on ne relève aucune faute dans son parcours vocal. C’est bien ce qui frappe dans ce type de spectacle vraiment impeccablement réglé: les acteurs jouent et chantent, et passent de l’un à l’autre avec un naturel et une justesse, et une maîtrise technique qui confondent . Les autres protagonistes ne sont pas en reste, à commencer  Alexander Hanson, très élégant dans son rôle de monsieur mal marié, qui se cherche et cherche à sortir d’une situation difficile (marié avec une jeune épouse qui ne veut pas consommer). La structure de l’oeuvre est assez simple: des personnages en couples mal assortis, une vieille dame qui fut sans doute un peu indigne, un choeur (ici de domestiques) qui commente l’action,  et une action qui se déroule dans un espace presque unique, ou du moins très légèrement caractérisé, avec un orchestre d’une dizaine de musiciens: un espace de l’intime, sur un rythme de valse, une comédie de chambre qui permet de faire ressortir avec bonheur la subtilité de la musique, son élégance et aussi sa prégnance. La mise en scène, de Trevor Nunn, un des grands noms de la scène anglaise, est précise, discrète sans être lisse, travaille sur la fluidité, aidée en cela par un espace simple, mobile, qui organise bien la scène. Au total un spectacle très réussi, faussement simple, et particulièrement émouvant. le public entre dans le jeu, participe, et fait un triomphe aux deux protagonistes, Angela Lansbury en tête.

 

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