LA SAISON 2026-2027 DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE

Le Grand Théâtre de Genève (fermé pendant toute la saison)

Changement de direction au Grand Théâtre de Genève où Alain Perroux prend ses fonctions pendant qu’Aviel Cahn part pour la Deutsche Oper de Berlin.
Alain Perroux est en terrain connu. Genevois, d’abord journaliste et critique musical, il a ensuite travaillé comme dramaturge au Grand Théâtre sous le mandat de Jean-Marie Blanchard, puis au festival d’Aix en Provence il a occupé les fonctions de directeur de l’administration artistique et dramaturge de 2009 à 2020 et depuis 2020 il était directeur général de l’Opéra National du Rhin où il a mené une politique artistique ouverte, faisant de l’Opéra du Rhin une des scènes les plus stimulantes du paysage français.

 

On scrute avec attention évidemment une première saison, qui doit en quelque sorte « annoncer la couleur », montrer des orientations, les éventuelles ruptures, ou les continuités. Mais Alain Perroux n’est pas du genre « vous allez voir ce que vous allez voir », et semble d’abord s’inscrire dans une continuité : contrairement à la plupart des néo-managers, il ne change pas le site de la maison, lui gardant son identité graphique, tout en renonçant à un affichage iconographique qui pouvait apparaître quelquefois discutable, tout en gardant une thématique annuelle (pour cette saison ce sera « Nouveaux mondes ») et élargissant encore les nombreuses manifestations annexes coordonnées par la dramaturge Clara Pons, comme précédemment.
Comme toujours, ce blog va s’intéresser à l’opéra et non à la danse, mais signalons que le Ballet du Grand Théâtre reste sous la direction de Sidi Larbi Cherkaoui.

Alain Perroux part cependant avec un handicap parce qu’il doit programmer toute la première saison « hors les murs », pour l’essentiel au Bâtiment des Forces Motrices (BFM) puisque le Grand Théâtre reste en travaux normalement jusqu’en septembre 2027, ce qui n’était pas prévu au départ et qui a dû amener quelques modifications. La scène du BFM n’a ni la surface, ni les possibilités techniques de celle du Grand Théâtre, sans parler de la fosse : cela implique que les metteurs en scène soient un peu « bridés » (une chance, diront certains) et surtout qu’il est difficile d’envisager dans cette salle de grosses machines.

 

Mais est-ce vraiment un handicap lorsqu’on considère la saison qui est proposée ? C’est souvent sous la « contrainte » qu’on est le plus inventif et la diversité de l’offre, les choix proposés, tout stimule ici la curiosité.

 

Enfin, la capacité de la salle du BFM est de 1000 places, (comme l’était « l’opéra des nations » quand d’autres travaux au Grand Théâtre avaient contraint sous le mandat de Tobias Richter, à s’y transférer) : c’est plus aisé à remplir que les 1500 places du Grand Théâtre d’un côté, mais il faudra d’un autre convaincre le public à revenir ensuite remplir le Grand Théâtre, ce qui n’est pas toujours une mince affaire comme l’ont montré ces dernières années.

 

Il y a donc d’un côté les contraintes et les continuités, et d’un autre côté les choses neuves, la manière très habile dont la saison se présente aux genevois, et comment Alain Perroux impose sa signature. Il y a d’abord cette manière dont l’institution, la plus grande de la ville, « invite » dans sa saison les orchestres qui à côté de l’orchestre de la Suisse Romande, animent la ville musicale genevoise, une manière de collaborer amicalement, sans intervenir artistiquement. Il y a aussi la manière dont d’autres lieux sont sollicités, La Cité Bleue pour un récital « mis en scène » de Sabine Devieilhe, mais aussi le Victoria Hall, pour deux opéras, l’un mis en scène (Il Viaggio a Reims), l’autre en forme de concert, Candide de Bernstein. C’est ainsi une manière de mêler des publics qui ne sont pas forcément les mêmes, d’investir un lieu qui est celui de l’orchestre, pour une fois chez lui « accueillant » le Grand Théâtre. Ainsi le Grand Théâtre ne « trône » plus place de Neuve, mais se retrouve un peu partout, comme « unus  (et non primus) inter pares ».
Cette réinstallation « en dialogue » avec la ville, qui avait été aussi au moment de l’arrivée d’Aviel Cahn un objectif affiché (avec le projet « La Plage »), se fait ici sans affichage, mais la programmation est une sorte de tissage discret avec les autres institutions.

Symbole de tout cela, la première œuvre affichée à l’ouverture de saison, à la fois compréhensible et audacieuse,  une œuvre peu connue du genevois Frank Martin (dont on ne connaît guère que « Le vin herbé », oratorio joué comme opéra qui reste une rareté), créée à l’Opéra de Vienne en 1956 et dont la version française est créée à Genève en 1967. C’est le seul opéra « ès qualités » de Frank Martin, totalement sorti des mémoires, et c’est évidemment un symbole que d’ouvrir sur une œuvre en quelque sorte « maison », jamais reprise depuis et qui à peu près soixante ans plus tard, renaît : il n’y a pas de meilleure manière de rendre hommage à l’opéra à Genève que de recréer en quelque sorte le seul opéra d’un compositeur genevois dont la version française est née à Genève et dont la version originale allemande n’a connu à Vienne que 7 représentations.

 

Cette première aux couleurs genevoises inaugure une saison par ailleurs variée, qui mêle comédie musicale (qu’Alain Perroux apprécie particulièrement : il avait écrit pour l’Avant-Scène opéra en 2009, un numéro spécial « La Comédie musicale mode d’emploi »), l’opéra (plutôt des formes héritées du baroque : Haendel, Mozart, Rossini) et de manière plus surprenante une grosse machine puccinienne (La Fanciulla del West), un opéra contemporain (Kaija Saariaho), et une forme que j’appelle impossible, L’opéra de Quat’sous de Kurt Weill, pour conclure par deux soirées concertantes autour du Candide de Bernstein.
Il y en a donc pour tous les goûts avec cette coquetterie finale qu’à part La Tempête inconnue de tous, mais pas du Grand Théâtre, et deux grands standards (Le Nozze di Figaro et la Fanciulla del West, tous les autres titres proposés (6/9) sont des premières pour le Grand Théâtre et donc devraient susciter la curiosité du public genevois tandis que sur les 8 titres en production scénique, 4 sont en coproduction, une production est louée (Berliner Ensemble) et trois seulement sont des productions entièrement financées par le Grand Théâtre, une manière de montrer le souci qu’on a de l’économie de la maison.
Voilà donc une saison stimulante, diversifiée, et futée à tous les étages.

 

Les opéras

Bâtiment des Forces Motrices
Date 16, 18, 20, 22, 24, 26 Sept.
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 6
Compos. Frank Martin
Titre La Tempête
MeS Netia Jones
Dir.mus. Thierry Fischer
Orchestre Orchestre de la Suisse Romande
Cast Degout, Trottmann, Cavalier, Crossley-Mercer, Vermot-Desroches etc…
Coprod Opéra national du Rhin

La Tempête, d’après Shakespeare, a donc été créée au Grand Théâtre de Genève dans la version française en 1967. La première viennoise, dirigée par Ernest Ansermet, devait afficher Dietrich Fischer Dieskau en Prospero, qui dut renoncer et ce fut Eberhard Wächter qui créa le rôle : on comptait dans la distribution notamment Anton Dermota et une jeune Christa Ludwig…
À Genève, Prospero sera rien moins que Stéphane Degout, entouré de très bons chanteurs français, de Catherine Trottmann à Léo Vermot-Desroches. Le chef suisse Thierry Fischer dirigera l’Orchestre de la Suisse Romande, tandis que la mise en scène est confiée à Netia Jones, dont on connaît Le nozze di Figaro parisiennes (hum), mais d’une part elle est l’une des figures en vues de la mise en scène d’aujourd’hui et d’autre part en bonne britannique, rien de Shakespeare ne lui est inconnu…
Pour découvrir l’œuvre, cette production ne se manquera sous aucun prétexte, évidemment.

Date 9, 11, 13, 14, 15, 16 Oct.
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 6
Compos. Stephen Sondheim
Titre Company
MeS James Bonas
Dir.mus. Larry Blank
Orchestre Orchestre de la Suisse Romande
Cast Suberville, Roy, Jerosme, Naouri, Paiement, Gentili etc…
Coprod Génération Opéra et diverses scènes lyriques

C’est une Première au GTG que d’afficher d’emblée et dans la foulée une comédie musicale qui est en réalité un spectacle qui tourne depuis mars 2025 sur plusieurs saisons dans une douzaine de scènes françaises sous l’égide de « Génération Opéra », c’est donc un spectacle clef en mains (et aux coûts limités), dont la production signée James Bonas tourne et nécessite donc souplesse et légèreté, et parfaitement adaptable aux conditions du BFM.

N’importe c’est l’occasion de découvrir une œuvre singulière d’un des maîtres du musical de Broadway, où c’est moins l’intrigue qui compte que les personnages.

 

Date 13, 15, 17, 18, 20, 22, 26, 28, 29, 31 Déc.
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 10
Compos. Wolfgang Amadeus Mozart
Titre Le nozze di Figaro
MeS Jetske Mijnssen
Dir.mus. Marta Gardolińska
Orchestre Orchestre de la Suisse Romande
Cast Ott, Stagg, Oliva, Sly, Torre, Bacelli, Lepore etc…

Retour à l’opéra “traditionnel” et aux grands standards avec cette nouvelle production de Nozze di Figaro, signée de la néerlandaise Jetske Mijnssen, l’une des figures importantes de la mise en scène aujourd’hui (Pelléas et Mélisande à Munich, La Calisto à Aix). J’espère simplement qu’elle fera mieux que Calisto à Aix, un raté pour mon goût.
Dans la fosse, la polonaise Marta Gardolińska, cheffe de référence, qui termine son contrat à la tête de l’Opéra de Nancy-Lorraine où elle a remporté de très gros succès.La distribution est très solide, avec notamment Philippe Sly en Figaro ou Jarrett Ott qu’on a vu dans Samson à Aix, mais aussi Siobhan Stagg, une Susanna devenue comtesse et un trio d’italiens bien connus, Monica Bacelli, Carlo Lepore et Benedetta Torre sans oublier la Rozenn du Roi d’Ys strasbourgeois, Lauranne Oliva en Susanna.

 

Date 24, 26, 27, 29, 30 janv. 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 5
Compos. Georg Friedrich Haendel
Titre Theodora
MeS Krzysztof Warlikowski
Dir.mus. Raphael Pichon
Orchestre Pygmalion
Cast Fang, Benos-Djian, Kilsby, O’Sullivan, Brancy etc…

Autre Première au GTG, cet oratorio de Haendel, créé dans la dernière partie de sa vie, qui devrait attirer le ban et l’arrière ban des mélomanes, et des théâtreux à cause de l’appariement de Raphael Pichon (Première fois au GTG) en fosse, avec son chœur et son orchestre Pygmalion et de Krzysztof Warlikowski (Première fois au GTG) sur un projet qui s’annonce prodigieusement intéressant. Et sur la scène, la fine fleur des spécialistes de ce répertoire.
Absolument immanquable parce que l’on est là au sommet de ce qui peut se faire aujourd’hui à l’opéra, avec une équipe typiquement salzbourgeoise…

Victoria Hall
Date 6, 8, 10, 12, 14 févr. 2027
Lieu Victoria Hall
N/Rep 5
Compos. Gioachino Rossini
Titre Il Viaggio a Reims
MeS Laurent Pelly
Dir.mus. Jader Bignamini
Orchestre Orchestre de la Suisse Romande
Cast Russomano, Jicia, Devieilhe, Iervolino, Mironov, Swanson, Alaimo, Mofidian, Derbas-Richter etc…

Encore une première fois au GTG, avec une distribution qui compte parmi les meilleures voix rossiniennes du moment. Notons par incise que les distributions vocales semblent a priori un peu plus cohérentes et construites que dans un passé récent…

Il viaggio a Reims ne supporte pas l’à peu près et la médiocrité, c’est le cas pour tout Rossini, mais vu l’abondance des personnages qui chacun ont un air à chanter, vu les acrobaties vocales d’une œuvre dont l’intrigue est mince ou inexistante, c’est une œuvre qui reste délicate, une œuvre-leçon rossinienne.
Pour la mise en scène, Alain Perroux a pris une solide assurance en la personne de Laurent Pelly. On aurait peut-être aimé un peu plus fou, un peu plus échevelé, et en fosse, un chef très solide, à mon avis l’un des plus solides de la génération italienne actuelle, Jader Bignamini, qui sait tenir un orchestre et un rythme.

Comme on adore Viaggio a Reims, on ira, d’autant qu’on se demande comment va être transformé le Victoria Hall pour cette folie.

 

Date 7, 9, 11, 14, 17, 20 mars 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 6
Compos. Giacomo Puccini
Titre La Fanciulla del West
MeS Marie-Ève Signeyrole
Dir.mus. Antonino Fogliani
Orchestre Orchestre de la Suisse Romande
Cast A.Bartoli, Mullighan, Chacón-Cruz,Casari, Mazzucchelli etc…
Coprod Oper Köln

C’est une surprise. Une grosse machine dans une relative petite scène, un western-spaghetti dans un petit saloon sur le Rhône. Prévue au Grand-Théâtre, la production a été maintenue au prix de quelques modifications (une version à l’organicum un peu plus réduit), mais avec Antonino Fogliani, au pupitre, qui vient de triompher dans Madama Butterfly, on a une assurance tous risques, car c’est un des meilleurs chefs sur ce répertoire actuellement.
Marie-Eve Signeyrole, maîtresse ès vidéo, devrait compenser la scène relativement réduite par un projet qui en élargit les perspectives, et la distribution compte Anastasia Bartoli, la nouvelle star du chant italien, fille de Cecilia Gasdia, qu’on connaît mieux sur le bel canto et le jeune Verdi, et qui se risque (dans une salle plus petite) sur un rôle d’une puissance redoutable. Le ténor est Arturo Chacon-Cruz, correct mais pas spécialement excitant et le méchant est Brian Mullighan qui est loin d’être pour moi un chanteur de référence. Il y a tant et tant de barytons qui pourraient faire mieux (c’est la typologie vocale où on a la palette la plus large aujourd’hui). Mais comme il est le méchant, on supportera en silence.

Date 15, 19, 21, 23, 25 mai 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 5
Compos. Kaija Saariaho
Titre Only The Sound Remain
MeS Peter Sellars
Dir.mus. Ernest Martínez Izquierdo
Orchestre Ensemble Contrechamps
Cast Jaroussky, Davone Tines etc…
Coprod Dutch National Opera, Finnish National Opera & Ballet, de l’Opéra national de Paris, Teatro Real, Canadian Opera Company

Encore une Première au GTG, de cette œuvre pour petit ensemble, contreténor et baryton-basse pour lequel Alain Perroux a invité l’Ensemble Contrechamps, l’ensemble genevois de référence spécialisé dans la musique contemporaine, dirigé pour l’occasion par Ernest Martínez Izquierdo. Il est lui-même compositeur et a dirigé plusieurs œuvres de Saariaho, dont Only The Sound Remain à Paris (ainsi qu’à Madrid et New York) dans la production de Peter Sellars. C’est justement cette production, créée en 2016 à Amsterdam qui est reprise ici après avoir tourné un peu partout, dans la distribution d’origine, avec Philippe Jaroussky et Davone Tines.
Sellars, on ne discute pas et on y va.

 

 

Date 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13 juin 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 5
Compos. Kurt Weill
Titre Die Dreigroschenoper (L’Opéra de quat’sous)
MeS Barrie Kosky
Dir.mus. Adam Benswi
Orchestre Ensemble de solistes
Cast Nest / Herwig, Becker / Knof, Metelka / Frehner / Micas, Schneider / Holonics
Prod. Berliner Ensemble

Toujours une Première fois au GTG (mais vue en revanche en 2016 à la Comédie de Genève) assez surprenante vu la célébrité du titre, mais le Grand Théâtre avait présenté l’œuvre qui en est l’origine, The Beggar’s Opera, à l’Opéra des Nations en octobre 2018 dans la production de Robert Carsen.
Il est très rare d’avoir une production totalement convaincante de L’Opéra de Quat’sous : la dernière production d’Aix en Provence en 2023, signée Thomas Ostermeier, fut un ratage, après tant d’autres (Strehler par exemple).
Barrie Kosky a proposé pour le Berliner Ensemble dans le théâtre où Die Dreigroscheoper a été créée, une version légère et faussement « cabaret » qui continue de triompher. Nous avions vu et rendu compte pour Wanderersite.com de cette production qui est ici « importée » dans une salle aux dimensions qui devraient parfaitement convenir : j’y avais adoré notamment Nico Holonics et Tilo Nest, qu’il ne faut pas manquer, dans la version originale allemande, qui vaut toujours bien mieux que toutes les versions traduites.
En fosse, le fantastique complice de Barrie Kosky pour tout ce qui est opérette berlinoise, Adam Benswi et son ensemble de solistes.
C’est immanquable et c’est une chance inouïe pour Genève de voir cette production.

 

Date Z4 et 25 juin 2027
Lieu Victoria Hall
N/Rep 2
Compos. Leonard Bernstein
Titre Candide
MeS Version concertante
Dir.mus. Guillaume Tourniaire
Orchestre Orchestre de la Suisse Romande
Cast Lambert Wilson, Michael Porter, Kathryn Lewek, Natalie Dessay etc…

Une Première au GTG qui procède d’un des projets non réalisés Aviel Cahn, puisque l’œuvre de Bernstein était prévue dans une mise en scène de Frank Castorf, mais le projet s’est heurté aux « ayant droit » très sourcilleux qui ne voulaient pas des propositions de Castorf qui comme à son habitude rajoute des textes ou tripatouille un peu … Pourtant c’était évidemment une œuvre pour lui, mais les « ayant droit » n’ont pas toujours le nez qu’il faut…
Alors Candide est resté dans les cartons et réapparait ici en version de concert (hélas), qui conclut la saison, avec une belle distribution, et au pupitre le solide Guillaume Tourniaire.
On ira parce qu’on aime cette œuvre qui attend encore sa production de légende…

 

Soirées singulières et récitals

 

Au milieu d’autres manifestations regroupées sous le vocable « Grand Théâtre autrement » qui rassemblent des initiatives déjà mises en places ou nouvelles, avec un accent sur la jeunesse (Grand Théâtre Jeunesse) et sur l’accessibilité de l’institution à des publics plus éloignés (Grand Théâtre ensemble), la saison lyrique est ponctuée de quelques récitals récitals et de deux soirées singulières, en collaboration avec les deux ensembles qui animent aussi la vie musicale à Genève, l’Orchestre de Chambre de Genève qui proposera un opéra et la Geneva Camerata, un concert chorégraphié autour de la Neuvième de Beethoven

 

Soirées singulières en collaboration

 

Date 24 mars 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 1
Compos. Jules Massenet
Titre Thaïs
MeS Opéra en forme de concert
Dir.mus. Marc Leroy-Catalayud
Orchestre Orchestre de Chambre de Genève
Cast Pati, Edris, Lhote etc…

 

La production d’opéra en forme de concert de l’Orchestre de Chambre de Genève est incluse dans la proposition de la saison du GTG, manière d’associer les autres formations genevoises. Au programma Thaïs de Massenet avec une distribution qui met en relief Pene Pati dans le rôle de Nicias, mais dont les protagonistes sont la soprano Amina Edris en Thaïs et Lionel Lhote en Athanaël. Amina Edris est pour moi une voix sans véritable intérêt dont la seule gloire est celle d’être l’épouse de Pene Pati… Lionel Lhote en revanche devrait convaincre en Athanaë, tout comme Marc Leroy-Catalayud, une vraie valeur du futur de la direction d’opéra.

 

Date 24 mars 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 1
Compos. Ludwig van Beethoven
Titre Euphoria (9ème symphonie de Beethoven)
MeS Juan Kruz Díaz de Garaio Esnaola
Dir.mus. David Greilsammer
Orchestre Geneva Camerata
Cast Iulia Elena Surdu, Negar Mehravaran, Rémi Garin, Seong Ho Han

 

Même opération d’invitation-inclusion qui met cette fois en relief la Geneva Camerata, dirigée par l’excellent David Greilsammer, autour d’un must symphonique : la neuvième de Beethoven en version mise en scène et chorégraphiée

 

Récitals

 

Maintenir des soirées de récitals est méritoire, et les théâtres qui en programment sont de plus en plus rares, même en Allemagne où le genre du Lied reste vivace. Il y a des chanteurs spécialistes (Goerne, Gerhaher, Appl, Von Otter), mais le public préfère souvent les stars qui se confrontent au genre, sans toujours convaincre dans un répertoire qui demande une vraie capacité avec des moyens minimaux et contrôlé à dessiner un univers. Le programme alterne des formes traditionnelles et quelques pas de côté, destinés à élargir le spectre de ce type de performance. Et c’est pourquoi il faut aller à chacune des soirées.

 

Date 12 novembre 2026
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 1
Soliste Lise Davidsen, soprano
Piano James Baillieu

 

Lise Davidsen se lance dans un programme Schubert qu’elle va faire tourner, qui est un compositeur « à univers », qui demande un contrôle vocal de tous les instants et une vraie science de la couleur. C’est la star du moment, et le public attendra patiemment quelques bis d’opéra…

Date 16 Décembre 2026
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 1
Soliste Lea Desandre, mezzo-soprano
Luth Thomas Dunford

 

Lea Desandre, particulièrement musicale, particulièrement sensible et fine, se présente accompagnée du magnifique luthiste Thomas Dunford, ce qui détermine évidemment un répertoire aux couleurs particulières et excite la curiosité.

 

Date 24 et 25 mars 2027
Lieu La Cité Bleue
N/Rep 1
Soliste Sabine Devieilhe, soprano
Accompagnement Pauline Buet, violoncelle/David Violi, piano
Mise en scène Laurent Pelly

 

Collaboration avec La Cité Bleue, dans le sens expliqué plus haut d’un voisinage harmonieux avec les institutions genevoises, et pas de côté que cette petite forme pour soprano, deux instruments et mise en scène de Laurent Pelly. Laissons-nous surprendre

 

Date 16 avril 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 1
Soliste John Osborn, ténor
Piano Beatrice Benzi

Plus classique dans la forme, le superbe John Osborn, le ténor spécialiste des airs acrobatiques et stratosphériques s’offre en récital, avec sans doute un choix d’air mettant en valeur l’état actuel de sa voix et donc sans doute quelques pas de côté.

 

Date 23 juin 2027
Lieu Bâtiment des Forces Motrices (BFM)
N/Rep 1
Soliste Ludovic Tézier, baryton
Piano Julius Drake

La série a commencé par une star et se clôt par une autre star, Ludovic Tézier, qu’on n’attend pas forcément dans un répertoire de mélodies, mais qui a une capacité incroyable à faire vibrer la langue (souvenons-nous de son Hamlet). Il faut donc y aller.

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